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dimanche 4 avril 2010

Cerveau droit - cerveau gauche

Jill Bolte Taylor est une scientifique spécialisée dans l'étude du cerveau à Harvard.
Un matin, l'un des vaisseaux sanguins de l'hémisphère gauche de son cerveau explose. Elle observe alors les fonctions de son propre cerveau disparaître l'une après l'autre.
Et, dans un premier temps, elle fait l'expérience de la perception sans l'hémisphère gauche, celui de la rationalité :
"Notre hémisphère droit concerne le moment présent, tout ce qui est ici et maintenant. Il réfléchit en images et il apprend de façon dynamique grâce aux mouvements de notre corps. L'information se répartit simultanément sous forme d'énergie dans tous nos systèmes sensoriels. (...) Je suis une source d'énergie, connectée à l'énergie autour de moi grâce à la conscience de mon hémisphère droit. Nous sommes des sources d'énergie connectées les unes aux autres par la conscience de notre hémisphère droit et nous formons une grande famille."

Quel rapport avec la voie du budo ?
L'état d'esprit centré sur "l'ici et maintenant" (zanchin), l'apprentissage par le corps, la notion d'énergie, tout cela résonne de façon particulière pour des pratiquants de la voie martiale traditionnelle, voire se rapproche étonnament du message de paix universelle de Maître Ueshiba Morihei : "L’état d’âme de l’aïkidoka doit être paisible et totalement non violent. C’est-à-dire cet état d’âme spécial qui transforme la violence en un état d’harmonie. Et c’est, je pense, le véritable esprit des arts martiaux japonais".

Jill Bolte Taylor a passé huit ans à recouvrer ses capacités à penser, marcher et parler. Son récit est passionnant et se termine en nous questionnant : "qui choisissez-vous d'être ?"

Vous pouvez avoir des sous-titres.

dimanche 28 mars 2010

Zanshin

Maître Deshimaru Taisen, dans Zen et Arts Martiaux :
"Etre zanshin : voici un terme que l'on retrouve dans la pratique de l'escrime japonaise, le kendo. Zanshin est ce qui demeure, sans s'attacher, vigilant et détaché. Juste attentif à ce qui se passe, ici et maintenant. Peu à peu, cette attention s'applique à chacun des actes de notre vie. Dans l'esprit du Zen comme dans celui du Budo traditionnel, l'ensemble du comportement entre toujours en jeu."

L'une des difficultés de la voie du zen est que la pratique de la méditation peut dériver vers un simple rituel stérile, sans qu'aucune "alarme" ne viennent réveiller le pratiquant. Thomas Cleary l'indique en citant d'abord Shôsan Suzuki :
"Les exercices de développement mental visent à rendre votre esprit aussi fort que possible. Nos idées et nos sens conditionnés sont semblables à des brigands qui ont dérobé notre esprit originel - brigands qui naissent précisément de la faiblesse de nos pensées. En conséquence, vous devez rassembler toute votre énergie afin de surveiller attentivement votre propre esprit. D'une manière générale, les gens ne comprennent pas la "non-pensée" selon le Zen et se servent de ce concept pour accroître encore leur balourdise. C'est là une grave erreur, vous devez conserver un esprit fort."

Puis il poursuit :
"L'incompréhension de la "non-pensée" à laquelle Shôsan fait allusion semble avoir nui à nombre d'écoles zen à travers les siècles, de l'époque originelle jusqu'à nos jours. Et parfois nul esprit digne d'un Shôsan n'apparaît pour indiquer qu'il ne s'agit pas là du Zen authentique, et que les disciples prennent des vessies pour des lanternes." (Thomas Cleary, La voie du samouraï - Pratiques de la stratégie au Japon)

La pratique du budo donne des alarmes ou des signaux plus tangibles dans cette recherche de zanchin. En effet, plus vous êtes éloignés de la "non-pensée", plus votre esprit est lent et incapable d'agir face à l'adversaire. Ceux qui ont expérimenté ne serait-ce qu'une seule fois cet état de vigilance neutre et détachée en connaisse l'efficacité : les actions justes s'enchainent de façon fluide, guidées par les sensations, au moment juste.

Mais il existe en revanche des pièges propres à la pratique du budo : l'agressivité, le désir de "gagner", la peur, l'instinct de domination propre à tous les mamifères, pour le territoire ou pour la sélection du mâle reproducteur. Lors de stages de combat, ces manifestations de l'ego risquent d'amener les pratiquants, dès qu'ils portent un casque et un plastron, à se laisser envahir par l'agressivité (le côté obscur...) pour prendre possession de leur esprit comme les brigands de Shôsan.

"En franchissant le seuil de votre maison, un million d'ennemis vous guettent" (16ème kyokun ou précepte du karate martial). Un million d'ennemis, parmi lesquels les brigands de Shôsan...

Le Mont Fuji