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lundi 5 juillet 2010

Intégrale Kurozawa à la Cinémathèque Française

Dans le cadre du festival Paris Cinéma, la Cinémathèque Française propose, du 23 juin au 1er août, une rétrospective Kurozawa permettant de voir l'oeuvre du Maître et quelques films d'autres réalisateurs comme Après la pluie de Koizumi Takashi.

Programme sur le site de la Cinémathèque : http://www.cinematheque.fr/

samedi 8 mai 2010

Après la pluie, film de Koizumi Takashi sur un scénario de Kurozawa Akira

Misawa Ihei, samouraï sans maître, est bloqué par la pluie dans une auberge, en compagnie de son épouse Tayo et de nombreux voyageurs empêchés comme lui de traverser le fleuve. Animé par la compassion envers les êtres, il décide de participer à des duels primés - malgré le déshonneur de se battre pour de l'argent - afin d'offrir à ses compagnons d'infortune un dîner copieux.
Misawa excelle dans l'art du sabre, pourtant il est en proie au doute de lui-même, n'ayant jamais réussi à se fixer dans un fief au service d'un seigneur. Le daimyo local envisage de le recruter comme maître d'armes et le convie à démontrer ses talents de combattant.
Cette rencontre sera l'occasion pour lui et son épouse de comprendre quelle voie il doit suivre. Le renoncement aux conventions lui permettra de devenir son propre maître et de vivre en homme libre.
Après la pluie (Ame agaru) est un film japonais réalisé par Takashi Koizumi en 1999. Le scénario est de Akira Kurozawa.
Mes remerciements à Pierre-Antoine pour m'avoir fait découvrir "Après la pluie".

mardi 16 mars 2010

L'art de l'avantage

Thomas Cleary, dans "La voie du samouraï - Pratiques de la stratégie au Japon" :
"Chaque forme de la culture japonaise présente à la fois un aspect intérieur (ura) et un aspect extérieur (omote). En conséquence, la question de la "surface" se révèle aussi importante que celle de la substance dans les interactions sociales, économiques ou politiques. Au fond, tout objet que le Japon offre à la vue du monde extérieur, qu'il s'agisse du Zen, des arts martiaux ou de toute autre facette de sa civilisation, apparaît d'ordinaire sous sa forme la plus commerciale - ou la plus politique - , et rarement sous son aspect le plus authentique." ... "En tant qu'éléments d'une manoeuvre délibérément stratégique, les versions commercialisées ou politisées des formes culturelles que le Japon livre à l'Occident relèvent directement des catégories comportementales nipponnes dérivant de l'art de l'avantage cher aux anciens guerriers. La volonté de substituer clichés et lieux communs à une information authentique - pour ne rien dire de l'analyse critique - constitue en soi un "art de la guerre"."

Maître Henry Plée, qui fait référence à l'ouvrage de Thomas Cleary dans les Chroniques Martiales, en précise les conséquences dans le domaine des bujutsu :
"... aucun pratiquant d'art martial ne pourra progresser à un niveau élevé... s'il ne comprend pas, s'il ne conserve pas sans cesse à l'esprit que leurrer et mystifier est la base des arts martiaux. Par conséquent, la première tâche d'un pratiquant conscient est de redécouvrir ce qui a été caché dans la discipline qu'il pratique."

C'est certes très déroutant le jour où on en prend conscience, pourtant "on" avait été prévenu depuis longtemps - vingt-cinq siècles - par Sun Tzu dans "l'Art de la Guerre" :
"Tout l'art de la guerre est basé sur la duperie. C'est pourquoi, lorsque vous êtes capable, feignez l'incapacité; actif, la passivité. Proche, faites croire que vous êtes loin, et loin, que vous êtes proche. Appâtez l'ennemi pour le prendre au piège; simulez le désordre et frappez le."

Comment redécouvrir ce qui a été caché ? Bien choisir ses maîtres bien sûr, en évitant les "vulgarisations tapageuses", et chercher...
Maître Henry Plée nous donne une piste dans l'une de ses chroniques en citant Auguste Comte (l'un des fondateurs de la sociologie, 1798 - 1857) : "On ne connaît bien une science que quand on en connaît l'histoire."

L'illustration est une affiche du film "Kagemusha, l'ombre du guerrier" d'Akira Kurozawa, histoire d'une mystification : un chef de clan, mortellement blessé, ordonne à ses vassaux de dissimuler sa mort pendant une durée de trois ans. Son frère met la main sur un sosie parfait...